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Bio :
Cet ouvrage s’appuie sur la thèse de doctorat en sociologie de la musique soutenue par l’auteure en 2007 (Les réceptions du rap en France et du flamenco en Espagne. Pour une sociologie comparative des faits musicaux européens « populaires ») et reprend les principales conclusions des parties de la thèse consacrées au rap en France et à ses publics. Les publics du rap. Enquête sociologique est le premier ouvrage consacré aux publics du rap, la sociologie s’étant jusque là davantage intéressée aux rappeurs (professionnels ou amateurs) et aux messages du rap à travers l’analyse de ses paroles.
La dimension universitaire de l’ouvrage explique les recherches et les discussions théoriques qui sont menées mais, comme le sous-entend le sous-titre de l’ouvrage, c’est à l’enquête de terrain qu’il se consacre principalement. Des enquêtes déjà existantes sont présentées et analysées (notamment les statistiques concernant le public du rap, ou encore les représentations, les visions associées en France au rap), mais l’essentiel du travail de terrain se concentre sur les enquêtes menées par l’auteure.
Son enquête principale, menée en 2003 et 2004, par questionnaire et entretien, auprès de récepteurs de rap (de ceux qui en écoutent) forme la matrice principale de la recherche. Elle permet par exemple de comprendre comment se structure la population réceptrice de rap selon les gouts pour certains artistes (sont analysés plus particulièrement les gouts pour les vingt artistes les plus cités, dont NTM, IAM, Oxmo Puccino, Rohff, Booba, Sniper, Diam’s, MC Solaar, La Rumeur, Assassin, Fabe, La Caution, TTC…), ou encore les significations actuelles des liens entre rap et hip-hop.
Les enquêtes complémentaires effectuées par l’auteure apportent des explications supplémentaires aux résultats de l’enquête principale. Aux côtés de l’analyse textuelle et musicologique des productions des artistes les plus cités par les enquetés, des apports des discours de certains professionnels du secteur (journaliste, attaché de presse, directeur de label), on pourra lire également dans l’ouvrage une analyse detaillée des choix de traitement du rap francais effectués par Les Inrockuptibles.
L’idée principale du livre est qu’il n’est plus possible aujourd’hui de considérer le rap comme « une musique faite par la banlieue pour la banlieue ». Ses productions sont diverses, tout comme ses publics (notamment selon leur age, leur sexe, leur origine et appartenance sociales, leurs expériences d’écoute du rap, que l’auteure définit comme le « capital rapologique » des récepteurs de rap). Il existe différentes manières d’écouter du rap et différentes raisons d’en écouter. L’auteure fait ainsi émerger quatre catégories principales de récepteurs de rap qui n’écoutent pas le meme type de rap, ni de la meme facon, ni pour les memes raisons : les consommateurs de rap, le grand public du rap, les amateurs de rap et enfin, le public branché du rap.
Si, pour un observateur averti du rap en France, certaines idées développées dans l’ouvrage entreront en écho avec leur perception personnelle, l’enquête aura pour eux le mérite d’apporter des compléments d’informations et de rendre concret et scientifique ce qui n’était jusqu’alors qu’impressions. En direction de ceux qui connaissent peu ou mal le rap, l’ouvrage se veut être un outil pour combattre les préjugés et clichés persistants à l’égard de cette musique.
Stéphanie Molinero est docteure en sociologie. Elle a été enseignante plusieurs années dans différentes universités (Paris 1, Paris 3, Evry, Paris 8 Saint-Denis, Le Havre) ainsi que dans des organismes de formation professionnelle en travail social et médico-social (Greta).
Elle est aujourd’hui chercheuse indépendante en sociologie et chargée de mission en tant que sociologue de la culture.
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