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LES NEG'MARRONS EN TOURNEE !
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-13/09/2008 - Fete de l'Humanite - 22h15 (Plateau Trace Tv)
-17/09/2008 - Jamel Comedy Club - 23h (sur invitation)
-18/09/2008 - Jamel Comedy Club - 23h (sur invitation)
-11/10/2008 - Annemasse - Chateau Rouge
-17/10/2008 - Perigueux - Le Sans Reserve
-18/10/2008 - Geneve - Theatre de la Cite
-25/10/2008 - Reims - La Cartonnerie
-01/11/2008 - St Brieuc - Festival Cite Rap
-22/11/2008 - Clermont Ferrand - Nuit du Reggae
-25/11/2008 - Montgeron - Salle des Fetes
-27/11/2008 - Montpellier - Victoire 2
-28/11/2008 - Marseille - L'Affranchi
-29/11/2008 - Toulouse - Havana Cafe
-30/11/2008 - Lyon - KAO
-05/12/2008 - Tourcoing - Grand Mix
-13/12/2008 - Paris Elysee Montmartre |
Bio :
Leur parcours inspire forcement le respect : Au crepuscule des annees 90, les Neg’Marrons ont amplement contribue a l’avenement du rap et du ragga en France au sein du Secteur A (Albums « Rue Case Negre » en 1997 et « Le Bilan » en 2000). Puis, a l’aube de ce nouveau millenaire, ils sont alles enregistrer leur memorable troisieme album dans les plus mythiques studios de Kingston, en Jamaique (« Heritage » en 2003). Ils ont collabore successivement avec Passi, Wyclef Jean des Fugees, Perle Lama, Arsenik, Mr Vegas, Diam’s, parmi beaucoup d’autres. Sur scene, ils comptent des centaines de dates a guichets fermes, de Dakar a la Nouvelle-Caledonie. Bref, lorsqu’on ouvre le dossier du ragga-hip-hop francais, le nom du duo de Garges-Sarcelles est inscrit en premiere page, et en lettres capitales. A l’heure du lancement de leur quatrieme album, une question subsiste pourtant: que reste-t-il aujourd’hui de cet opulent palmares musical ? Le disque lui-meme apporte une reponse indeniable: L’essentiel, et seulement l’essentiel.
L’essentiel, c’est d’abord la seve epuree d’une musique intemporelle qui irrigue ces quatorze nouvelles chansons. Ce nouvel opus, le premier depuis cinq ans, a ete compose « comme si c’etait le dernier » confie Jacky, « On ne sait pas de quoi serait fait demain, donc on s’est livre pleinement. La spontaneite fait toujours partie de notre facon de composer, mais cette fois, on a pris enormement de recul. Nous n’avons jamais autant retravaille les memes titres, et nous n’avons pas hesite meme a enlever certains morceaux. On est devenu plus pointilleux, et plus exigeant que jamais avec nous-meme ». Avec un seul et unique morceau rap (« Nouvelle Epoque » featuring Arsenik et Pit Baccardi), le disque est un fastueux arc-en-ciel de couleurs reggae-dancehall, parfois tres proche du style « roots » original de Bob Marley, ou parfois moderne comme le ragga detonnant de son fils Damian Marley. On retrouve d’ailleurs ici Sly & Robbie, virtuoses jamaiquains de la basse et de la batterie, ayant joues avec Marley, Jimmy Cliff, Gainsbourg, Carlos Santana, Mick Jagger et qui aujourd’hui, ne se font jamais prier pour accompagner les Neg' Marrons. En outre, la majorite des titres furent mixes par Godwin Logie (Steel Pulse, Gregory Isaacs), puis masterises entre Londres et New-York par des orfevres comme Tom Coyne ou Kevin Metcalf. Probablement jamais un projet de reggae francais n’a rassemble autant de savoir-faire et d’energies, et si les Neg’ Marrons chantaient en anglais, leur disque serait un client evident au Grammy Awards et au Mercury Awards. Mais exposer les talents francais a toujours ete une mission qui leur tenait profondement a coeur : il travaille avec leur eternel complice Djimi Finger et il sollicite aussi les musiciens reggae les plus doues de l’hexagone, tel Bost & Bim ou Stepper qui gravitent d’habitude derriere Horace Andy lors de ses tournees europeennes. Au fil du tracklisting, on croise les voix de Cesaria Evora, Monsieur Toma, Admiral T ou Faya D avec qui ils collaborent depuis plusieurs annees. « C’est pour cela que l’album s’intitule « Les Liens Sacres » precise Ben J, « Il y a certaines valeurs auxquelles nous sommes tres attaches : La famille d’abord, que l’on evoque dans le morceau « A Nos Yeux», notre quartier de La Rue Case Negre ensuite, et nos amis avec qui l’on partage la musique et beaucoup d’autres choses. On peut parler de « Liens Sacres » avec le public aussi, qui nous soutient et ne nous a jamais lache depuis presque dix ans. Sans oublier l’amitie entre Jacky et moi, qui est la base de tout, au-dela de la musique. Ca va plus loin que l’amitie : On se considere mutuellement comme des freres, ce qui nous permet de nous consacrer a d’autres projets plus personnels pendant cinq ans et de revenir ensuite avec une complicite intacte, la meme energie, la meme fraicheur. Si tant de groupes se sont disloques dans le reggae francais, c’est peut-etre parce qu'il n’y avait pas ce lien sacre a l’interieur du groupe. »
Sur le fond du discours egalement, les Neg’Marrons n’ont conserve que l’essentiel. Ils ont etaye ce militantisme enracine dans leur conscience sociale, et approfondissent des themes toujours d’actualite. Ils adressent au gouvernement des pamphlets contre l’exclusion et la precarite (« C’est pas normal »), tout en incitant les demunis a prendre eux-memes leur destin en main (« Faut qu’on s’en sorte »). Ils ont surtout double leur discours d’un activisme efficient, en participant benevolement a des compilations pour la lutte contre le sida par exemple (Unisida). Jacky est actuellement le porte-parole de la nouvelle campagne institutionnelle pour inciter les jeunes a utiliser des preservatifs avec le morceau « N’y Pense Meme Pas » (Featuring Sweety) qui inonde les radios et les teles antillaises depuis cet hiver. De son cote, lors de son dernier voyage au Congo, Ben J a debarque a Brazzaville avec deux containers entiers de medicaments et de materiel medical. « Au-dela de nos textes, on voulait se lancer dans des actions concretes » reprend Ben J. « A partir du mois de Mars, on entame une tournee de trente dates avec l’association « Debarquement Jeune » qui fait un gros travail a l’echelle national pour les jeunes de quartiers. On va faire le tour de la banlieue parisienne grace a eux, et de nombreuses dates en province aussi.» Lorsque leurs textes ne s’engagent pas pour des causes sociales ou humanitaires, les Neg' Marrons grattent leurs cicatrices a travers des textes violement introspectifs. Sur le titre « Il y a des Jours », ils relatent a coeur ouvert les doutes qui tourmentent parfois les artistes autodidactes, ceux qui comme eux, ont construit leur reputation a la force de leur corde vocale uniquement, sans passer par les cases « show bizness » et « tele-realite » : « Ceux qui nous supportent savent tres bien ce qu’ils veulent/ Neg' Marrons c’est dix ans de carriere, pas juste le temps d’un single/ J’ai jamais eu besoin de m’inventer une vie/ Demande avec qui je traine si tu veux savoir que je suis ») Et s’ils vantent la fraternite et la solidarite des habitants de cites ( « A peu de choses pres»), ils reconnaissent aussi avoir touche les limites de la vie de quartier: « La rue a comme un gout d’amertume/ Tant d’illusions et d’apparences/ font couler les larmes de ma plume » chantent-ils sur le refrain de « L’encre du bitume ». Homogene et equilibre, l’album offre aussi quelques titres plus festifs: « On fout le feu », « L’Union » featuring Admiral T sur un tempo qui secouera les clubs et les salles de concerts de Pointe-a-Pitre au Congo, en passant forcement par le Cap-Vert (« Petites Iles » de Jacky, comme il le chante avec l’illustre chanteuse capverdienne Cesaria Evora). Apres s’etre enfermes pendant des mois en studio pour peaufiner ce nouveau disque, ils passeront l’ete et l’automne a le defendre sur les planches. Sur scene, ils seront cette fois accompagnes d’une equipe de musiciens minutieusement selectionnes. Ils ont maintes fois prouve par le passe leur habilete a animer des soirees « sound-systems », avec simplement deux micros et un DJ aux platines. Mais ils sont aujourd’hui arrives naturellement a s’epauler d’une formation acoustique de haute voltige, un groupe capable de restituer en « live » leurs nouvelles melodies, plus chaloupees et plus efficaces que jamais. Bref, tout y est. Rien ne manque et rien n’encombre la parution de cet album millesime sur lequel on pourrait discourir des heures sans parvenir pleinement a en saisir l’essentiel. Car l’essentiel finalement, avant tout, c’est de l’ecouter. Comme les Neg’ Marrons le chante : « La musique ne s’explique pas, elle s’ecoute, elle se danse, elle se ressent… »
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